Rives du Léman

La faune du lac, des roselières au salon

La réserve du delta de la Dranse : un accès, des sentiers, aucune baignade

Avatar de Josselin Dupraz-Néel

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Là où la Dranse rejoint le lac, l’eau ralentit, dépose ses sédiments et façonne un delta mouvant que la réserve naturelle protège depuis sa création. On y vient pour marcher et observer, jamais pour poser une serviette sur la grève.

Un accès pensé pour ne pas déranger

La réserve naturelle nationale du delta de la Dranse se parcourt par un réseau de sentiers balisés qui longent les zones les plus sensibles sans y pénétrer, avec des points d’observation aménagés à intervalles réguliers. Ces sentiers restent la seule voie autorisée pour circuler dans la réserve : s’en écarter, même de quelques mètres pour approcher un oiseau ou couper un virage, revient à pénétrer dans une zone où la végétation et la faune n’ont justement pas vocation à croiser le passage humain.

Des panneaux d’information jalonnent le parcours et rappellent la réglementation propre à chaque secteur, certains plus stricts que d’autres selon la sensibilité du milieu traversé, roselière, vasière ou boisement alluvial.

Des oiseaux qui dépendent de ce calme

Le delta accueille une belle diversité d’oiseaux d’eau, du grèbe huppé aux limicoles de passage lors des migrations, attirés par les vasières riches en invertébrés et par la tranquillité relative du site comparée aux plages fréquentées du lac. Cette richesse ornithologique justifie à elle seule la plupart des restrictions imposées aux visiteurs, en particulier au printemps, période de nidification où le dérangement peut coûter une couvée entière.

Les bénévoles et naturalistes qui suivent le site année après année constatent que les secteurs les mieux préservés du passage humain restent ceux où la reproduction réussit le mieux, un constat qui justifie le maintien de zones interdites même aux marcheurs les plus respectueux.

Un delta qui bouge, un paysage jamais figé

Contrairement à une plage stable, le delta de la Dranse change de forme au fil des crues, la rivière déposant à chaque montée des eaux de nouveaux graviers et sédiments qui redessinent bancs et chenaux. Cette dynamique en fait un site remarquable à l’échelle du géoparc du Chablais, labellisé par l’UNESCO pour la richesse de sa géologie, où le delta illustre à ciel ouvert un processus de sédimentation habituellement plus lent à observer ailleurs sur le pourtour du lac.

Cette instabilité naturelle explique aussi pourquoi certains sentiers sont parfois déviés ou temporairement fermés après une crue : les chenaux se déplacent, un banc de graviers peut disparaître d’une saison à l’autre pendant qu’un autre se forme un peu plus loin, et la réserve adapte son balisage à ce paysage mouvant plutôt que de figer artificiellement un tracé.

Ce que le règlement interdit, saison par saison

La baignade est interdite sur l’ensemble du périmètre de la réserve, y compris sur les grèves qui semblent accessibles depuis les sentiers : l’eau du delta reste un habitat, pas une plage. Les chiens, même tenus en laisse, ne sont pas admis dans les secteurs les plus sensibles de la réserve, une règle bien plus stricte que celle qui s’applique aux grands espaces environnants du Chablais, où la présence canine se gère différemment selon les troupeaux et les alpages : notre rubrique chiens et grands espaces détaille ces autres règles, propres aux zones pastorales.

  • Rester sur les sentiers balisés en toute saison.
  • Aucune baignade, aucun pique-nique en dehors des zones prévues.
  • Chiens non admis dans les secteurs sensibles du delta.
  • Vigilance renforcée au printemps, période de nidification.

Pour connaître le détail exact des zonages et des périodes de restriction, propres à chaque secteur du delta, le site de la fédération des réserves naturelles renvoie vers la fiche complète de la réserve, régulièrement mise à jour.

Un après-midi passé à suivre ces sentiers, jumelles en main, suffit souvent à comprendre pourquoi un espace aussi contraint reste l’un des plus riches du pourtour lémanique. Mieux vaut s’y rendre tôt, avec de bonnes chaussures adaptées aux graviers instables des berges, et accepter qu’une partie du site restera, saison après saison, hors d’atteinte du promeneur le plus curieux.


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