Rives du Léman

La faune du lac, des roselières au salon

Une mangeoire d’hiver se nettoie chaque semaine, sinon elle rend malade

Avatar de Barnabé Excoffier-Lanz

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Une mangeoire trop généreuse et jamais nettoyée fait plus de mal que de bien : elle concentre les oiseaux au même endroit, jour après jour, et transforme un perchoir en foyer de contamination dès qu’une fiente ou une graine humide s’y accumule.

Des graines adaptées, pas un mélange au hasard

Les mésanges et les verdiers profitent surtout de graines de tournesol non salées, striées ou noires, riches en graisses utiles par grand froid. Les moineaux et les pinsons se satisfont davantage de mélanges de céréales, tandis que les boules de graisse conviennent aux journées les plus froides, quand les besoins énergétiques grimpent fortement. Éviter le pain, trop pauvre et parfois moisi, ainsi que les mélanges bon marché chargés de graines non consommées qui pourrissent au sol.

La quantité distribuée compte autant que la qualité : mieux vaut remplir la mangeoire à moitié et la vider régulièrement plutôt que de la charger au maximum, ce qui laisse les graines du fond s’humidifier sous le poids de celles du dessus, un terrain idéal pour les moisissures.

Le nettoyage hebdomadaire, geste non négociable

Un simple brossage à l’eau chaude, sans détergent agressif, puis un séchage complet avant de remettre des graines fraîches, suffit à limiter la prolifération des agents pathogènes qui s’accumulent sur les perchoirs et les mangeoires à plateau. Les mangeoires suspendues, moins souillées par les fientes au sol, restent plus faciles à entretenir que les tables à graines posées au niveau du jardin.

La trichomonose, provoquée par un parasite qui se transmet par la salive et les graines partagées, touche particulièrement les verdiers et les pinsons et se reconnaît à un plumage gonflé, une léthargie et des difficultés à avaler. Une mangeoire mal entretenue devient alors un vecteur de propagation entre individus qui, sans elle, ne se croiseraient jamais d’aussi près dans la nature.

  • Nettoyer le poste au moins une fois par semaine en période de forte fréquentation.
  • Espacer plusieurs petits postes plutôt qu’un seul point de rassemblement massif.
  • Retirer immédiatement tout oiseau trouvé mort ou visiblement malade à proximité.

Arrêter au printemps, et surveiller les chats

Le nourrissage d’hiver doit cesser avec le retour des beaux jours : au printemps, la nourriture naturelle redevient abondante, et prolonger la distribution artificielle retarde inutilement le passage des jeunes oiseaux vers un régime autonome. La LPO recommande d’ailleurs de limiter le nourrissage à la période où les ressources naturelles manquent réellement, soit grossièrement de novembre à mars selon les hivers.

Une mangeoire installée trop bas ou trop près d’un buisson devient aussi un poste de chasse facile pour un chat laissé libre, qui apprend vite les horaires de passage des oiseaux affaiblis par le froid. Un mât lisse, une hauteur suffisante et un dégagement de tout couvert proche réduisent nettement ce risque, sans qu’il soit besoin d’écarter les chats du jardin pour autant : notre rubrique chats et petits compagnons détaille d’autres façons de concilier les deux cohabitations.

Un simple calendrier suffit à retenir l’essentiel : nettoyer chaque semaine, surveiller les signes de maladie, et refermer la mangeoire dès que le printemps rend les graines superflues.

Un point d’eau propre, aussi utile que les graines

Par temps de gel prolongé, l’accès à l’eau liquide devient un problème aussi pressant que la nourriture : les flaques et les petites mares gèlent, et les oiseaux dépensent une énergie précieuse à chercher un point d’eau libre. Une coupelle peu profonde, posée à quelques mètres de la mangeoire et renouvelée avant qu’elle ne gèle à son tour, complète utilement le dispositif d’hiver.

Cette coupelle demande le même entretien que la mangeoire elle-même : un rinçage régulier évite qu’elle ne devienne, comme les perchoirs, un lieu d’échange de parasites entre oiseaux qui viennent s’y abreuver ou s’y baigner les uns après les autres. Mieux vaut la placer en plein découvert, loin de tout buisson qui pourrait dissimuler un prédateur guettant les oiseaux occupés à boire.

L’emplacement général du poste mérite aussi réflexion : à bonne distance d’une baie vitrée, pour éviter les collisions d’oiseaux surpris en plein envol par le reflet du ciel, et jamais directement sous un arbre touffu qui offrirait un poste d’observation trop confortable aux prédateurs occasionnels du jardin.


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